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Economie :
Nouveau souffle pour l’investissement  :

L’Indonésie a célébré l’année dernière son 59ème anniversaire. Cette année a été également marquée par l’organisation des élections législatives générales et par  l’élection du président et du vice-président. Le déroulement de ces élections, avec la participation de plus de 150 millions de personnes à travers le pays, qui ont exprimé leur choix dans une ambiance de calme et d’ordre, a prouvé, selon les observateurs, le succès de la démocratie en Indonésie

 Cependant, la communauté internationale continue à croire, à tort d’ailleurs, que le climat en Indonésie n’est pas rassurant pour l’investissement et les affaires ; une idée qui est généralement basée sur un manque de compréhension des conditions économiques et politiques dans ce pays.

L’Indonésie a réalisé beaucoup de progrès depuis la crise de 1998, cependant les médias internationaux n’ont cessé de nourrir l’idée selon laquelle le pays a connu des troubles constants depuis la chute du régime de Soeharto en 1998. Avec le succès des premières présidentielles directes organisées en 2004, le peuple indonésien a fait preuve d’une grande maturité politique et de sa confiance en le processus et les institutions démocratiques. C’est en effet une grande réussite pour un pays abritant plus de 220 millions personnes qui, pour la première fois en 59 ans d’indépendance, ont élu leur président et vice-président par suffrage direct. Par ailleurs, l’économie indonésienne est en train de se rétablir progressivement de la crise de 1997/1998. Selon le Fond Monétaire International, le revenu intérieur brut a progressé de 4.1% en 2003 et les prévisions pour 2004 le situent à 4.8%.

Durant la campagne électorale, chaque candidat à la présidence a promis de déployer tous les efforts possibles pour accélérer, une fois au pouvoir, la croissance économique. La première étape serait de résoudre le problème du chômage.

Des dépenses publiques croissantes pour le développement de l’infrastructure dans les régions les plus reculées pourrait aider à réaliser une renaissance économique qui sera bénéfique à l’ensemble des régions. Le nouveau gouvernement est également appelé à s’atteler à la réalisation d’une  croissance soutenue de l’emploi dans le secteur industriel et dans l’exportation de produits agricoles, et de supprimer les restrictions au commerce et à l’emploi qui entravent l’application harmonieuse des règles de commerce et des affaires et font fuir les investisseurs.

Normalement, l’investissement doit être basé sur la confiance qu’ont les investisseurs dans la capacité du gouvernement à maintenir la paix et l’ordre dans l’économie. Vu le succès des élections, sans le moindre trouble signifiant, les investisseurs n’ont aucune raison de bouder l’Indonésie. Par ailleurs, l’Indonésie est un grand pays et les troubles que connaît une région n’affectent pas le reste du territoire.

La réalisation de l’engagement du nouveau gouvernement de construire et développer l’infrastructure  à travers le pays contribuera automatiquement à regagner la confiance des milieux des affaires et créera simultanément des opportunités d’emploi supplémentaires pour au moins 5 années à venir. En ce qui concerne le revenu, les statistiques montrent que l’Indonésie a en effet un revenu annuel plus élevé que celui des pays voisins, mais étant donné sa large population, le niveau de vie est inférieur.

Des centaines de milliers d’Indonésiens quittent leur pays à la recherche d’un emploi à l’étranger, mais leur nombre ne dépasse pas un million , ce qui représente moins de 0.5% de l’ensemble de la population. Par conséquent, les transferts qu’ils effectuent ne peuvent pas être considérés comme une source de devises signifiante pour l’économie, de même que leur émigration ne peut être qualifiée d’exode. Les Philippines, à titre de comparaison, qui compte une population de 80 millions habitants, a plus de 7 millions travailleurs installés à l’étranger ; ce qui représentent 9% de la population et donc une source potentielle de devises étrangères pour le pays.

Considérant l’Indonésie comme un pays avec des facteurs de trouble de nature structurelle, les investisseurs se sont mis à installer leurs usines dans les pays avoisinants mais continuent de considérer l’Indonésie comme un marché cible.

Le Gouvernement a déployé des efforts considérables pour combattre la corruption à travers l’établissement de structures spéciales chargées de lutter contre ce fléau. Ceci ainsi que le succès incontestable des consultations démocratiques de l’année dernière sont tous des signes qui devraient encourager les investisseurs potentiels à changer l’idée erronée qu’ils se font de l’Indonésie. 

 

L’Investissement en Indonésie


1. Investissement direct étranger

a. La loi No. 1 sur les investissements

L’investissement direct étranger, également appelé PMA (Penanaman Modal Asing) en indonésien est réglementé par la loi No. 1 de 1967 sur les investissements de capitaux étrangers et fut amendée par la loi No. 11 de 1970. Jusqu’à nos jours, cette loi est toujours en vigueur et reste compatible avec les besoins actuels de l’Indonésie. Considérée comme base légale, cette loi s’adapte aux diverses mesures et politiques de dérégulations qui ont été ou qui vont être adoptées par le gouvernement Indonésien.

Outre la loi No.1 /1967 sur les investissements, les entreprises PMA ainsi que les autres entreprises font l’objet de politiques industrielles provenant des ministères correspondant à leur secteur d’activités.

Ainsi, une entreprise PMA peut perdurer si elle continue à investir sur le territoire indonésien. La durée de validité maximale des investissements étrangers est maintenant de 30 ans, mais son extension est assurée s'il est jugé que l’entreprise en question apporte une contribution positive à l'économie indonésienne.

b. La réforme

Amorcée en 1994, la réforme en profondeur des lois et règlements indonésiens applicables à l'investissement direct étranger (IDE) se poursuit à ce jour. En réaction à la crise économique, le gouvernement a davantage déréglementé l'IDE, de sorte que l'investissement étranger direct est maintenant ouvert à la plupart des secteurs et est expressément encouragé lorsque le capital, la technologie et les compétences en gestion ne sont pas encore disponibles sur place. L'expansion des activités commerciales et la production pour l'exportation sont actuellement privilégiées.

Parmi les réformes, citons la suppression, pour l'IDE, de toute limite à la propriété étrangère dans presque tous les secteurs de l'économie et la suppression du capital minimum et à la cession obligatoire, par les investisseurs étrangers, de leur participation à des coentreprises. Le niveau minimum d'avoirs en actions devant être détenus par les Indonésiens a été éliminé dans presque tous les secteurs ouverts à l'IDE, sauf pour celui de la vente en gros et au détail, où le partenaire local doit détenir 49 % des actions. A part cette règle, le partenaire local peut appartenir à des intérêts étrangers.

Les changements en cours créeront des occasions nouvelles et différentes pour les investisseurs étrangers dans plusieurs domaines. Certaines sociétés d'État sont sur le point d'être privatisées ou fermées, et on s'occupe d'éliminer les distorsions dans plusieurs segments de l'économie. Les fusions et acquisitions se multiplient et les investisseurs étrangers ont commencé à acheter des actions de firmes indonésiennes de façon à établir des partenariats stratégiques en prévision d'une reprise de l'économie. Cette occasion ne se représentera pas, et le coût d'entrée dans ce marché est à son plus bas depuis des décennies pour l'investisseur étranger.

Les ressources naturelles de l'Indonésie n'ont pas déprécié malgré la dévaluation de la monnaie. Dans les secteurs houiller, pétrolier et gazier, des partenaires étrangers peuvent se porter acquéreurs de gisements dans la mesure où ils peuvent en assumer la responsabilité aux plans financier et technique. D'autres industries de ressources dont les coûts locaux sont maintenant moindres peuvent être bien positionnées pour accroître leur part de marché dans les années à venir.

Les coûts de fabrication sont aussi au plus bas. Le moment est particulièrement propice à l'implantation d'installations manufacturières, puisque le coût du terrain ne sera jamais aussi peu élevé.

Les statistiques concernant l'investissement ont toujours fait état de niveaux de profitabilité élevés dans le cas des entreprises du secteur privé en Indonésie. Environ 75 % des compagnies existantes ont pris de l'expansion à au moins une reprise, 55 % à deux reprises et 35 % à plus de trois reprises.

Tous les trois ans, le BKPM (le Bureau indonésien de Coordination de l'Investissement) publie la liste des secteurs fermés à l'investissement étranger et/ou national. Dans la version de cette liste publiée en juillet 2001, d'autres secteurs ont été éliminés, de sorte que seul un petit nombre est entièrement fermé aux investisseurs étrangers, soit :

la télédiffusion privée,
la radiodiffusion,
les cinémas,
le transport maritime,
le transport par taxi et par autobus,
la gestion du spectre des fréquences radio et des satellites
les services médicaux.
Tous les autres secteurs sont ouverts aux investisseurs étrangers, à l'exception de quelques-uns liés à la sécurité, dont s'occupe le gouvernement.

Aux termes de la politique actuelle, tous les projets d'investissement, autres que l'investissement étranger dans les secteurs minier, pétrolier et gazier, doivent être approuvés par le BKPM.
L'investissement étranger direct dans ces cas est assujetti à des lois et règlements sectoriels spécifiques administrés par le ministère des Mines et de l'Énergie.

c. Procédures d'approbation d'un projet d'investissement étranger

Voici sous forme schématique, un aperçu de la documentation dont l’investisseur étranger a besoin et des formalités qu’il devra remplir pour investir en Indonésie, que ce soit seul ou en coentreprise avec un partenaire indonésien :

Protocole d'entente
Accord de coentreprise*
Accord d'assistance technique (s'il y a lieu)
Convention des actionnaires (peut faire partie de l'accord de coentreprise)
Structure organisationnelle et financière
Ébauche de plan de main-d'oeuvre
Investissement modèle/PMA - BKPM
Corrections du BKPM
Investissement modèle révisé/PMA - BKPM
Approbation du SPPP par le BKPM
Attribution du NPWP (numéro fiscal)
Ouverture des comptes de banque
Statuts
Communication des statuts par un notaire au ministre de la Justice
Approbation par le ministère de la Justice (acte d'établissement)
Publication dans la gazette officielle
Demande de plan de main-d'oeuvre (permis de travail) - BKPM, ministère de la Main-d'oeuvre, et Direction générale de l'immigration du ministère de la Justice
Demande de liste de contrôle des biens d'équipement - BKPM
Demande de licence d'importation limitée (APIT) - BKPM
Demande de permis en application du Nuisance Act aux autorités locales
Demande de permis d'emplacement aux autorités locales
Demande de permis de construction et d'utilisation des sols aux autorités locales (HGB)
Rapports d'étape semestriels (LKPM) - BKPM
Permis d'exploitation commercial (IUT) – BKPM
* Non nécessaire si la nouvelle compagnie sera exclusivement étrangère.


2. Zones franches

Pour encourager l'investissement national et étranger à des fins d'exportation, l'Indonésie a entre autres mis en place des zones de transformation, aussi connues sous le nom de zones franches. Les entreprises qui s'y établissent peuvent bénéficier de certains avantages, dont les suivants :

l'exemption des tarifs et des taxes à l'importation
des formalités simplifiées pour obtenir des titres de biens-fonds, des permis de construction, de l'information sur les sites et d'autres services d'infrastructure;
la dispensation de l'obligation d'obtenir un permis de l'administration régionale

l'autorisation de prêter leurs propres machines et matériel à des sous-traitants à l'extérieur des zones afin de traiter leurs propres produits.
Sept zones franches ont été établies:

à Jakarta
sur l'île de Batam (au sud de Singapour)
à Ujung Pandang (sud de Célèbes)
à Pasuruan (est de Java)
à Semarang (centre de Java)
à Bekasi et à Bogor (ouest de Java)
Les entreprises étrangères peuvent également implanter des usines à l'intérieur d'un parc industriel normal et demander le statut d'entreprise cautionnée.


3. Taxation

a. Taxe sur le revenu

La taxe sur le revenu en Indonésie est progressive et s’applique à l’individu ainsi qu’à l’entreprise. Les taux sont les suivants :

Revenu imposable Le taux de taxation
Revenu de moins 25 millions Rp 10%

Revenu entre 25 et 50 millions Rp 15%

Revenu de plus de 50 millions Rp 30%

b. Liste de non-double imposition

Pour éviter tout incident de double imposition sur certains revenus tels que les profits, les dividendes ou les intérêts, l’Indonésie a signé un accord avec les pays suivants :

Allemagne
Australie
Autriche
Belgique
Bulgarie
Canada
Corée du Sud
Danemark
Etats-Unis.
Finlande
France
Hongrie
Inde
Italie
Luxembourg
Malaisie
Japon
Norvège
Nouvelle-Zélande
Pakistan
Pays-Bas
Pologne
Philippines
Royaume-Uni
Singapour
Sri Lanka
Suède
Suisse
Thaïlande
Tunisie