Langue :
Une politique assimilatrice apparemment acceptée
L'opération semble avoir réussi puisque,
aujourd'hui, le malais ou bahasa indonesia est devenu
la seule langue de la législation, de l'administration,
de la justice, de l'enseignement, des médias, de
l'affichage, des affaires, etc. Dans toutes les communications
institutionnalisées avec l'État, seul le
bahasa indonesia est admis. Cette pratique va pourtant
à l'encontre de l'article 36 de la Constitution
de 1959 qui se lit comme suit :
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La langue officielle sera l'indonésien.
Dans les régions ayant leur langue propre
utilisée couramment par la population (par
exemple, le javanais, le soundanais, le madourais,
etc.), l'État respectera et protégera
ces langues. Ces langues font partie de la culture
vivante de l'Indonésie. |
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Cette seule disposition constitutionnelle portant sur
la langue signifie que le bahasa indonesia est le seul
idiome à accéder au statut de langue étatique
ou institutionnelle (officielle), mais que les langues
nationales ont en principe droit de cité dans la
vie indonésienne. En fait, même si les Javanais
imposent le bahasa indonesia à plus de 100 millions
d'Indonésiens qui l'emploient, à des degrés
divers, comme langue seconde, même si les petites
ethnies s'incorporent linguistiquement aux Javanais, la
langue officielle n'est pas encore devenue vraiment commune
à l'ensemble de la population.
C'est que, les Indonésiens, dans leur vie quotidienne,
n'utilisent pas le bahasa indonesia, mais leur langue
locale. Le caractère insulaire du pays favorise
d'ailleurs le maintien des langues locales. Celles-ci
sont utilisées couramment dans les municipalités.
Elles le sont également pour l'édition d'une
partie des journaux, des livres et des émissions
de radio.
Bref, le bahasa indonesia est apparemment accepté
par presque tous les groupes ethniques comme symbole d'identification
de la nation indonésienne, et ce, d'autant plus
qu'il demeure, pour la plupart des Indonésiens,
une langue seconde. Cette langue assure sa dominance maintenant
sur toutes les langues locales, qui ne lui font plus aucune
concurrence.
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